mercredi, 19 décembre 2018
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Rinçage moteur à l'eau douce

Publié par www.voilelec.com par C. Couder

Rinçage moteur à l'eau douce

Le problème est identique avec un refroidissement direct par eau de mer ou par échangeur. L'eau de mer dégrade le moteur ou l'échangeur et dépose une couche de sels produits par corrosion électrolytique (mélange de carbone, silice, sel…).
En changeant l'anode moteur, grattez avec un crochet métallique la partie accessible de la chambre et vous verrez l'ampleur de la gangue. Ces dépôts obstruent peu à peu tout le circuit de refroidissement. Il est très souhaitable de rincer le circuit d'eau de mer à l'eau douce quand le moteur doit rester sans tourner un moment. Le moteur doit être très chaud, et avoir tourné en charge pendant une dizaine de minutes, à froid le calostat est fermé et il toute l'eau est rejetée sans passer par le moteur.

Il faut donc modifier le circuit de refroidissement d'origine en ajoutant un "Té " ou "T ", mais non pas un sachet de thé, et un morceau de tuyau qui sera alimenté en eau douce (au travers d'une vanne) pour rincer le circuit (et non pas pour faire une théière diesel).
Il ne faut jamais raccorder directement le tuyau d'arrivée d'eau du quai sous pression !
La pression est beaucoup trop forte (parfois quelques kgf/cm²), la pompe serait en sur-débit, le moteur serait totalement noyé est sévèrement endommagé. L'eau serait refoulée par l'échappement et l'admission. Il faut donc impérativement faire tremper le tuyau d'aspiration dans un seau débordant, en alimentant celui ci par le tuyau d'eau douce du quai. Cette méthode évite tout risque de détruire le moteur.

 

Il existe plusieurs solutions pour réaliser ce système.

Voyons d'abord le circuit d'origine, avant modification. Dans l'ordre, crépine d'aspiration, vanne quart de tour sur passe-coque (impérativement relié électriquement à la masse), filtre à eau (à plus de 15 cm au-dessus de la flottaison), puis refroidissement de l'inverseur puis pompe à rotor néoprène. Pour terminer, départ pour un refroidissement direct dans le circuit moteur ou vers l'échangeur et sortie de l'eau dans le coude d'échappement. La modification consiste à rajouter le "Té " juste après la sortie du filtre.

 

Réalisation simple

Voici une réalisation utilisant une vanne plastique (matériel d'arrosage de jardin "Gardena "). Le "Té " au bout du tuyau qui trempera dans le seau remplace une crépine en évitant que le tuyau ne se bouche par collage en aspirant le fond.

  Deux vannes

Cette méthode présente toutefois quelques inconvénients !
Il faut enlever le panneau de descente moteur ce qui ne facilite pas les fréquents allers retours entre le cockpit et la cabine.
Le seau est posé sur le plancher de la cabine et en débordant inonde le carré (la pompe automatique vide le puisard). Il faut améliorer ce système peu pratique.

 

Solution meilleure avec vanne 3 voies

Si le moteur est contigu au cabinet de toilettes, il est possible d'éviter d'ouvrir le panneau de descente. Monter une vanne 3 voies (matériel d'arrosage) dans le compartiment moteur, mais avec l'axe de commande traversant la cloison afin de pouvoir manœuvrer le levier depuis les toilettes.
Position normale, refroidissement habituel par l'eau de mer.
Position rinçage, aiguillage vers un embout mural sortant dans le cabinet de toilette. Il suffit alors de clipser un bout de tuyau sur cet embout fixe, l'extrémité trempant dans la cuvette des WC. Le tuyau d'arrivée d'eau branché sur le quai passera par le hublot et trempera aussi dans la cuvette des WC.
Cette méthode a beaucoup d'avantages. Elle n'utilise pas de seau, n'inonde pas le carré, ne demande pas l'ouverture du panneau moteur. De plus l'eau en excès débordant de la cuvette est évacuée par le caillebotis de la douche et pompée automatiquement.

Variante : Cette méthode peut encore être simplifiée sans vanne trois voies. Certains embouts muraux de tuyaux (système arrosage jardin) sont auto obstruables quand ils sont débranchés. Cela supprime donc le besoin d'une vanne supplémentaire. Il suffit alors de brancher le morceau de tuyau mobile dans la cuvette et de fermer la vanne d'eau de mer. Cette vanne est toujours dans le compartiment moteur. Elle peut être déportée en paroi, et donc accessible sans ouvrir le capot moteur, ou bien commandée par une longue tige terminée par levier externe. Le montage d'une vanne sur paroi, avec tuyau souple bien fixé sur le passe-coque, est plus sûr que le vissage de la vanne sur le passe-coque (voir photo corrosion), la longueur de l'ensemble fait bras de levier et fragilise la base du passe-coque en cas de choc.

 

Autre méthode plus hasardeuse sans débordement

Ne pas installer de vanne trois voies ! Installer simplement le "Té ". Le tube d'arrivée d'eau sort sur un embout fixe à l'arrière du cockpit. La vanne de prise d'eau moteur reste ouverte. Il faut ouvrir doucement l'arrivée d'eau douce, moteur en marche. L'eau en excès sera évacuée à la mer par la crépine de coque. Il ne faut pas faire couler trop fort pour ne pas créer la surpression qui noierait le moteur. Si l'eau est trop peu ouverte, le moteur sera rincé à l'eau saumâtre, ce n'est pas grave. Une solution pour régler le débit en fonction du régime moteur est de regarder le filtre dont le couvercle est transparent, pour constater un léger refoulement à la mer de l'eau en excès. Cette solution est plus risquée si le débit est réglé trop fort.

 

Solution permanente par la cuve

Les plus maniaques veulent absolument rincer leur moteur chaque fois. Une méthode consiste à se raccorder sur la cuve à eau douce du bateau. Cela parait farfelu, car une centaine de litres est vidée en un quart d'heure. L'avantage est toutefois de faire d'une pierre deux coups et de vider sa cuve pour éviter à l'eau de stagner pendant les longues périodes d'inutilisation. Une très bonne méthode consiste à compenser par la trappe de visite, avec un jet sous pression et un coup d'éponge sur les parois accessibles, pour décoller les dépôts et mousses de la cuve. La pompe les élimine sans polluer le filtre à charbon de la distribution.

Le montage doit être soigné pour éviter tout risque de retour d’eau de mer dans la cuve.
Le pompage se fait à quai, pendant le nettoyage de la cuve au jet. En fin de nettoyage, il faut laisser la cuve se vider et fermer la vanne à cet instant précis en ouvrant ensuite immédiatement celle d’eau de mer pour éviter l’écrasement des tuyaux par dépression.
Il ne faut pas arrêter le moteur avant d’avoir fermé la vanne pour éviter les refoulements. 
La vanne de départ doit être au plus près de la cuve pour éviter une eau stagnante sur une section de tuyau, repaire de bactéries et de mousses.

 

Solution permanente par réservoir tampon

Certains plaisanciers à quai branchent directement le tuyau sous pression sur une prise au tableau arrière par raccord rapide et alimentent le bateau via un détendeur classique, sans déclencher la pompe sous pression. Cela est très pratique s'il y a beaucoup de monde à bord avec de grosses vaisselles et une douche très sollicitée. Autre avantage, le plein de la cuve se contrôle simplement en rajoutant une vanne (matériel d'arrosage). Dans ce cas aucune hésitation ! Installez un bidon de 10 litres dans un coffre, le trop plein dans le cockpit, alimenté par un mécanisme de chasse d'eau de WC. Les nouveaux systèmes plastiques sont linéaires, très sûrs est économiques, ils maintiendront parfaitement le niveau du vase. Ils se montent facilement sur les très gros bouchon des bidons vendus par les shipchandlers. Le débit est compatible avec celui demandé (il pourra être utile d'augmenter le diamètre au niveau du clapet). Il suffit de brancher le circuit de rinçage dans ce vase, cela fonctionnera parfaitement bien à quai. 

Tout commentaire ou idée d'amélioration du dispositif pratique est bienvenu.

 

Dernière modification le mardi, 04 novembre 2014 11:17
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