mercredi, 19 décembre 2018
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Armes, agressions et sécurité

 

Armes, agressions et sécurité

 

Introduction
L'agression au large
La visite au mouillage
Réalisation de la détection
Vol de l'annexe et du hb
Incident amusant
Avoir des armes à bord
Liens

Maj : 20/06/09

 Abstract :
In most countries, when sailing, major risk is not weather but piracy. Are arms in board a good thing? How to prevent an attack of robber when sleeping at mooring?

 Résumé :
Dans beaucoup d'endroits, en naviguant, le risque majeur n'est pas la météo mais la piraterie. Les armes à bord sont-elles une bonne chose ? Comment prévenir les attaques de voleurs pendant le sommeil au mouillage 


Introduction

Cette page est très peu technique, mais elle évoque un problème très souvent éludé. La piraterie a toujours existé, mais les plaisanciers d'aujourd'hui la considèrent comme un pur fantasme et ne la prennent pas en compte. En navigation, lors des nombreux apéritifs avec les copains plaisanciers, les récits des victimes d'agression et de piraterie sont fréquents.
Même aux Antilles, dans les mouillages les plus fréquentés, les incidents sont nombreux et ce risque d'agression est bien supérieur à celui de se faire drosser sur le corail à cause d'un mouillage qui dérape.
Je ne me lancerai pas dans un impossible descriptif exhaustif de toutes les formes de piraterie, mais me contenterai de définir deux types basiques.

 

 

L'agression au large

Vous êtes isolés, une barque de pêche rapide vous aborde avec des individus surarmés et agressifs ou vous êtes pris par surprise en allant porter secours à un bateau que vous croyez en flammes et en détresse.
Quel que soit votre arsenal à bord, vous n'avez aucune chance, une résistance est inutile. Pour votre agresseur, votre vie ne vaut rien, il n'hésitera pas à vous abattre pour quelques dollars. Si vous avez beaucoup de chance, tout ce qui a de la valeur sera volé, les radios et le moteur cassés et l'équipage peut s'en sortir sans prendre une balle ou un coup de coupe-coupe. Vous avez une chance de rejoindre un abri.
Pour les moins chanceux, le bateau sera remorqué dans un pays mafieux et revendiqué comme prise de mer avec la complicité des autorités locales corrompues.
Si votre bateau a été choisi pour un transport de drogue, vous n'aurez pas la chance de pouvoir le raconter…

Il n'y a pas de solution contre ces actes, votre fusil de chasse ridicule ne fera pas le poids contre quelques armes automatiques, grenades et lance-roquettes maniés par des spécialistes sans scrupules.

La visite au mouillage

Nous ne parlerons donc que d'un cas très fréquent qui vous laisse plus de chances. Vous êtes mouillés tranquillement pour la nuit au milieu des dizaines d'autres bateaux, devant les cocotiers. Il fait évidemment très chaud tous les hublots, panneaux et les portes du carré sont ouverts. L'équipage est à bord et dort.
Le voleur s'introduira facilement et sans bruit et volera tout ce qui est à sa portée avant de visiter les coques (pour un catamaran) pour compléter son butin. Si vous vous réveillez à ce moment et surprenez le voleur, sa réaction peut être très violente, il est très bien réveillé et entraîné, il a fait cela des quantités de fois, vous êtes endormi, stupéfait et incapable de réagir. Prendre une arme serait une très mauvaise idée qui pourrait vous être fatale.

Il faut donc absolument éviter cette situation. Il n'y a qu'une solution, la dissuasion. Il faut déclencher une alarme avec puissante sirène et éclairage du bateau dès que le voleur passera la porte. Il sera surpris et fuira avec certitude en sautant à la mer ou dans sa barque ce qui arrêtera l'agression. Cela peut être considéré alors comme une grande réussite. Ce ne serait pas une bonne idée d'essayer de le tuer dans sa fuite, cela ne changerait rien, le lendemain un autre prendrait la relève et les ennuis avec les autorités locales vous gâcheraient les vacances. 

Réalisation pratique de la détection

Le voleur, par facilité montera à bord par le moyen le plus simple, c'est à dire la plage arrière et entrera par la porte grande ouverte. C'est ici qu'il faut placer la détection. Il est inutile de prévoir une installation d'alarme très évoluée, sauf pour protéger le bateau vide au mouillage. Avec l'équipage à bord, il est peu probable qu'un voleur essaye d'entrer d'abord par un panneau de pont, une protection est donc moins utile. Nous allons voir quelques variantes de protection de l'ouverture principale.

Le fil

Le crin de pèche tendu en travers de la porte et du cockpit, relié à un contact réagissant à une traction ou relâchement. Ce système rustique est peu efficace, il peut être détecté et évité par un voleur habile, mais le voleur habituel n’est pas un génie et se fera avoir.

Le tapis de sol

Classique dans les installations d'alarme, c'est un paillasson placé devant l'entrée qui possède un contact activé en marchant. Mêmes remarques pour le fil, il est utile de multiplier les détections. Ces paillassons n'aiment pas l'eau de mer et se corrodent assez vite, il faudra les abriter hors utilisation.

Le radar ultrasons ou hyper fréquences

Il est presque impossible de le régler sur un bateau ouvert les nuits de canicule. Un grain, un objet bougeant avec la houle déclenchera. C'est inexploitable.

La barrière optique

Un faisceau optique invisible bien placé dans le passage est une bonne solution.
La réalisation est simple, il existe de nombreux kits, la consommation est nulle et la fiabilité parfaite. Je préfère utiliser une led face au récepteur plutôt que les miroirs permettant de grouper émetteur et récepteur dans le même boîtier. C'est évidemment plus compliqué car il faut passer un fil autour de la porte, mais plus fiable que le miroir qui s'oxyde.
Led et phototransistor sont encastrés dans l'huisserie de la porte, masqués quand elle est fermée. Il est préférable de tirer deux faisceaux par sécurité, un à hauteur de ceinture, l'autre des genoux.

Dès que le faisceau est coupé, une temporisation s'enclenche activant sirène et feux pour réveiller équipage et bateaux environnants. Le bon fonctionnement est visualisé par une led discrète sur le coupe-circuit accessible facilement pour l'équipage.
Si ce petit bricolage vous sauve, vous ne regretterez pas de l'avoir installé.
Voici la trace des faisceaux invisibles devant la descente, diodes encastrées dans l'huisserie.

 Faisceaux infrarouges

Vol de l'annexe et du moteur hors-bord

Cela est contraignant, mais il est préférable de remonter à bord le matériel pour la nuit. Avec des bossoirs ou une rampe c'est simple. Si annexe et moteur hors-bord sont amarrés à l'arrière pour la nuit, ne soyez pas surpris de ne rien retrouver au matin, vous l'avez bien cherché. Un fil avec pince à linge contact qui relie le bateau au moteur hb peut déclencher une alarme à l'ouverture du contact, mais le fil s'entortille dans l'amarre à l'évitage est le dispositif n'est ni pratique ni fiable.
Une petite balise à piles attachée au hb avec un récepteur de contrôle à bord peut aussi déclencher une alarme, mais cela vous fait une belle jambe de voir votre annexe s'éloigner avec un individu qui vous fait un grand sourire et un "au revoir" de remerciement.

Le cadenas au moteur est efficace quand vous allez faire les courses à terre, un câble acier avec cadenas doublant l'amarre présente l'avantage se préserver votre bien, c'est celle d'à côté sans protection qui sera volée.

Incident amusant

Un classique, sans grandes conséquences ! Vous arrivez de nuit, après une navigation musclée et vous cherchez l'indispensable bouée car ici, aux "Deux Pitons ", à Sainte Lucie, la profondeur est grande et le mouillage sur ancre impossible. Un indigène arrive avec sa barcasse en bois et son hors-bord, vous aborde brutalement pendant que vous passez l'orin. Il est saoul et très excité et fait de grands gestes avec sa machette. Il vous réclame $50 pour la bouée. Les conditions ne sont pas favorables au dialogue, vous payez furieux pour calmer la situation, sachant que ce n'est pas le tarif normal. Au matin, vous êtes réveillé par un autre, moins saoul et plus calme qui tape à votre coque et vous réclame poliment ses $20, car lui est bien le vrai propriétaire de la bouée. Payez, vous vous êtes fait avoir, il n'y a rien à discuter, le rhum coûte cher dans les îles et les consommations en sont considérables !

Choisir ses zones

C'est une Lapalissade, mais fréquenter certaines zones bien connues revient à faire courir un risque inacceptable à son équipage. Les endroits à grands risques seront évités à tout prix, mais parfois le choix n'est pas donné. Il faut alors accepter les risques et s'attendre à une agression. Il n'existe au monde aucun endroit absolument sûr et la surprise est d'autant plus grande qu'aucun cas d'agression n'est encore connu dans la zone, mais il y a partout des désespérés qui n'ont rien à perdre à tenter leur chance en voyant passer sous leur nez la montagne de richesses flottantes que représente votre si joli petit bateau.

La navigation dans les Antilles a toujours fonctionné sur un grand principe. De décembre à juin, pendant la belle saison les bateaux croisent dans toutes les eaux (quand même pas à Porto Rico !).
L'autre moitié de l'année présente un risque de cyclones, le seul moyen d'ère tranquille est de descendre hiverner au Venezuala, toujours épargné par ces catastrophes naturelles. Ce havre de paix météorologique, offre de très belles navigations, malheureusement une catastrophe plus grave que les cyclones s'est abattue sur cette zone tranquille. La piraterie augmente exponentiellement, avec une extrême violence, ce qui pose un énorme problème.
Le risque devient tel qu'il est maintenant préférable de laisser son bateau dans une île plus tranquille, mais sachant qu'elle est sur la trajectoire classique des cyclones. Cela donne une chance sur dix de perdre son bateau dans la saison, mais ce risque est bien plus faible que de se faire tuer dans des eaux calmes.
Un bateau se répare ou se remplace, pas un équipage.

Il existe des solutions de remplacement, à Sint Marteen par exemple des sociétés proposent de transporter les bateaux dans les terres et de les enterrer en creusant une tranchée au bulldozer pendant les six mois critiques. Au vu des photos de la marina ravagée les années précédentes, après une brutale montée des eaux de 6 mètres, c'est un moyen simple et sûr de préserve son bateau. Un mâtage et démâtage annuel n'est pas un problème, cela permet de vérifier son gréement.

Avoir des armes à feu à bord

Arme à feu

Nous avons vu que cela est généralement une très mauvaise idée et que l'utilisation est souvent fatale. Si cela est votre choix, il y a deux options.

Déclaration

Les déclarer aux autorités et ne plus les avoir à portée de main. Les déclarations d'armes lors de la clearance compliquent considérablement les formalités, demandent une mise sous scellées, des paperasses lourdes, des taxes… Il faut limiter à très peu de choses, un fusil et un revolver, car la déclaration d'un arsenal vous rendrait très suspect.
La présence d'enfants à bord implique d'installer toute arme ou objet dangereux (fusées…) dans un rangement très sécurisé pour éviter que ce ne soit pris pour un jouet.

Les oublier

Les cacher dans un compartiment secret et ne pas les signaler, mais elles seront moins disponibles et leur utilisation ou découverte peut entraîner des ennuis considérables avec les autorités. Il faut alors au moins un fusil lourd à répétition, un fusil de précision à lunette et des armes de poing. Un revolver est plus rustique qu'un pistolet, il est plus facile à entretenir à bord. Les cartouches seront en quantité suffisante car l'approvisionnement est assez délicat en navigation.
Si cette option est choisie, quelques grenades offensives sont à ajouter, mais leur usage à bon escient reste difficile.

Trouver le juste équilibre

Déclarer ses armes est un choix délicat. Elles seront séquestrées tout le temps du séjour dans le pays dons indisponibles en cas d’attaques.
Si vous n’en déclarez rien, une visite très approfondie peut être faite par les autorités qui découvriront vraisemblablement les caches, cela entraînera de gros ennuis.
Beaucoup optent pour la déclaration de quelques armes légères et peu efficaces, et gardent sous le coude le matériel lourd indispensable en cas de visite.
L’expérience montre que dans les endroits chauds, la seule solution est de veiller la nuit au mouillage et de tirer sans somation sur tout ce qui s’approche à moins de 100 mètres. Ce ne sera jamais pour vous offrir des fleurs, l’hésitation serait fatale.
Une fois les malfrats à bord, la chance se survie est très faible.

Le petit matériel basique

Pistolets ou révolvers

L’arme de poing est évidement le premier matériel à avoir sous l’oreiller et à portée de main dans le cockpit. Un révolver est rustique et s’enraye rarement, mais un petit semi-automatique (improprement appelé "automatique ") Glock 17 bien entretenu et à portée de main est parfait. 
Une fois parfaitement nettoyé et graissé, il est intéressant de le garder chargé dans un sac plastique léger de congélation, thermosoudé étanche, pour une conservation parfaite en milieu salin. Les chargeurs de rechange seront emballés séparément dans ces mêmes sacs avec du silicagel. 
Attention de n’utiliser que de l’huile d’armes sur ces matériels, jamais des huiles combinées avec dégrippants.

L’indispensable viseur laser

Sur la carabine de guerre à répétition (fusil d'assaut), le pointeur à visée laser est indispensable. Il se monte comme une lunette de visée. Celui qui se retrouve avec le spot rouge ente les yeux se calme rapidement et décide parfois d’aller détrousser un autre bateau. Cela peut vous éviter de tirer avec les complications que cela entraîne. Ne négligez pas cet accessoire fondamental. 
Il ne faut pas lésiner, ce n’est pas un pointeur jouet porte clef, c’est un matériel à acheter par correspondance ou en armurerie dans un état US qui l’autorise encore et qui aura été soigneusement réglé sur cible pour placer la balle à cinquante mètres dans une pièce de monnaie à coup sûr (visée avec appui sur base stable, c’est moins précis depuis le bateau).

Les grenades

Quelques offensives sont les bienvenues contre un abordage. N’utilisez jamais de défensives, les éclats endommageraient votre coque.

 

Dernière modification le lundi, 06 février 2017 23:13
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