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Dépannage électronique à bord

 Contrôleur analogique

Introduction
Principes de base
Les cas particuliers
Choix du matériel
Prévention des pannes
Conclusion
Liens

Maj : 16/09/13

Abstract :
This page shows some elementary basis to try a repair of marine electronics. It is easy in many cases if the device is quite old, but more difficult with a new high-tech design. With only a universal controller and some bulb lamps, 80 % of problems can be corrected on the ship, very often due to corrosion and broken wires.

Résumé :
Cette page donne quelques bases élémentaires pour tenter de réparer l'électronique marine. Cela est aisé dans beaucoup de cas si l'appareil n'est pas trop récent, mais plus difficile avec un nouveau design high-tech. Avec seulement un contrôleur universel et quelques ampoules, 80% des problèmes peuvent être corrigés à bord, très souvent dus à la corrosion est aux connexions coupées.

 

 

Introduction

Après divers courriels posant toujours les mêmes questions sur le dépannage de matériels rustiques, souvent associés à une demande des schémas, voici un page sur les techniques de dépannages des anciens matériels.
C'est souvent simple car ces électroniques sont rustiques, c'est beaucoup plus compliqué maintenant avec une intégration élevée et les montages en CMS (composants en montage de surface) moins disponibles pour le bricoleur.

Il faut opérer logiquement, et 80% des pannes se résolvent très vite sur les matériels simples. C'est un principe bien connu, il faut estimer en dépannage que la résolution de 80% des pannes prend 20% du temps. Nous ne traiterons pas ici des 20% de pannes restantes qui prendront les 80% du temps et qui seront parfois insolubles sans de gros moyens.

 Le dépannage à distance

Le dépannage à distance est une question récurrente. Il est presqu'impossible de dépanner du matériel à distance.
Après avoir rappelé à la victime déconcertée les grands principes cités plus loin, cela n'avancera pas beaucoup, car plaisancier se sent incompétent et n'ose pas pousser l'investigation de peur de dégrader davantage.
Il va faire appel à un "professionnel" qui ne sera pas forcément plus compétent mais n'aura aucun complexe de risquer de démonter et de casser. Cette audace approximative est parfois payante, en cas de doute, on change et on facture, à la fin cela peut marcher.
Si par chance l'intervention est faite par un expert compétent, les problèmes les plus complexes trouveront la bonne solution.

Certains matériels ont une documentation soignée, avec les plans, schémas et procédure de diagnostic, cela aide beaucoup.

Le dépannage est une affaire de flair et d'expérience.

 

Principes de base

La première cause de panne à bord est l'oxydation avec tous ses effets dérivés pervers. Vérifiez toutes les terminaisons, les serrages des bornes, tirez sur tous les fils avec un crochet.
Sortez les circuits imprimés, nettoyez les connecteurs en les essuyant avec du papier à photocopie, jamais au solvant et chassez toute humidité.
Recherchez les cassures de circuits, la mécanique qui coince…
Grattez avec une pointe emmanchée, et frottez partout avec des pinceaux et brosses dures, il y a souvent des soudures sèches avec corrosion des pattes qui des retrouvent isolées.
Ne pas hésiter à refaire les soudures douteuses. Cherchez les résistances de puissance qui ont chauffé et s'effritent sous la pointe. Regardez bien les condensateurs explosés, cela demande parfois un peu d'attention.
Branchez et testez réellement avec une ampoule soudée sur deux fils et pointes de touche pour tester si l'alimentation arrive bien aux bornes du régulateur. Il y a souvent des fils coupés par pincement et oxydation.
Si tout semble bon, alimentez, toujours avec un ampèremètre en série, de préférence avec une alimentation de labo à limitation de courant.

Si la consommation est faible ou nulle, recherchez un fusible (parfois soudé et ressemblant à une résistance) claqué, ou une piste volatilisée sur le circuit imprimé.
Si la consommation semble normale et les connexions propres, un composant doit être claqué, mais c'est assez rare, sauf pour les transistors de puissance.
Si la consommation est excessive, recherchez les points chauds. Cela est parfois visible à l'oeil (circuit brûlé) et au doigt mouillé, si un composant chauffe beaucoup. Si cela est moins évident, utilisez une astuce classique. Mettez le circuit imprimé au congélateur dans un sac plastique pour éviter les condensations. Sortez le rapidement pour le remettre en place, passez le à l'alcool à brûler avec un pinceau ou un pulvérisateur et rebranchez en regardant bien. Tous les points chauds apparaissent facilement en fonction de l'évaporation de l'alcool.

Il faut faire attention aux faux diagnostics !
Un fusible grillé se repère très vite, mais le remplacer par un neuf identique et constater que tout remarche est un leurre. Ce n'était pas la cause de la panne, mais la conséquence. Il faudra rechercher ce qui a créé une surintensité, c'est la vraie cause de panne. Sans cela le problème recommencera.
Évidement, si vous avez fait toucher deux fils en bricolant, la cause est toute trouvée, inutile d'insister, vous remplacez et le problème est réglé.
Si vous ne comprenez pas la cause, vous n'avez rien dépanné.

Il arrive parfois que des composants électroniques lâchent, mais c'est très rare sauf si une cause externe entraine la destruction, par exemple manque de refroidissement, sur intensité, surtension, cassure mécanique, …

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Les cas particuliers

Un chargeur à batterie, s'il ne brûle pas (ce peut être très grave), grillera par le pont de diodes. Les vieux modèles ont souvent les pastilles du disjoncteur cratérisées, causes de mauvais contacts. Les bornes mal serrées s'isolent par oxydation. Les très vieux chargeurs avaient d'infâmes redresseurs au sélénium (grandes plaques carrées métalliques empilées), il faut éliminer ces éléments catastrophiques.

 

Un récepteur radio a souvent le circuit imprimé (en carton bakélisé) fendu, au départ des vis de fixation. La coupure d'une piste peut être très peu visible pour un oeil distrait. Les modèles se réparent d'autant plus difficilement qu'ils sont plus anciens. Un Shark ou un Super Navitech est d'une simplicité désarmante.

 

Pilote automatique Avant les fluxgates, les compas de pilotes étaient à rose optique baignant dans un liquide. Le vieillissement des joints entraîne des fuites et la panne. Regardez bien si le capteur n'est pas gras, c'est un signe de fuite.
Dans un pilote, la partie puissance lâche souvent, les darlingtons de puissance sont souvent trop petits et grillent en cas de barre trop dure. Les vieux feedbacks à potentiomètres se coupent car le balai use et casse la piste carbone. Il est évident que les claviers extérieurs sont fragiles. Le réducteur du moteur est sous-dimensionné. Vérifiez les balais et graissez la vis à billes.
Certains modèles ont des pannes très fréquentes. Prenons l'exemple des petits pilotes Autohelm pour barre à roue.
La série 3000 utilisait une courroie externe, qui s'enclenchait sur le moto-réducteur avec tension par un système de came. Ce dispositif était très inesthétique, avec la courroie pendouillante mais extrêmement rustique et fiable.
Les clients ayant demandé un système plus "design ", la série 4000 est sortie, sans la courroie qui jouait le rôle d'un excellent amortisseur. Ce nouveau dispositif, intégrait le moteur dans la couronne. Cette nouvelle série 4000 est beaucoup plus jolie, l'afficheur meilleur, mais l'entraînement direct par galets s'est révélé très peu fiable, le remplacement du bloc revient très cher et il est impossible de se dépanner en croisière lointaine! La série 3000 était 10 fois moins souvent en panne, si l'on avait une courroie de rechange, le moteur grillait rarement, protégé par l'élasticité de la courroie crantée... Les loueurs qui montaient massivement du 3000, ont testé puis abandonné le 4000 pour passer sur du Simrad WP 30.

 

Vérification de l’installation VHF du bord : Antenne VHF dipôle

 

En émission blu (matériel en voie de disparition), l'antenne et sa boîte d'accord sont aussi les problèmes majeurs.

 

Dépannage d'un sondeur

 

Un radar doit être soigneusement révisé, l'aérien est fragile, il faut l'entretenir, le graisser et enlever le sel déposé à l'intérieur. Cela se fait facilement sur les montages arrière mais très difficilement avec les montages sur le mât.
Voir la page : Installation radar

 

Des séries d'afficheurs comme les Autohelm 50 ont de redoutables problèmes d'étanchéité. La série 60 a corrigé ce problème. La révision demande quelques soins.

 

Divers produits, comme les électroniques Plastimo d'avant l'excellente nouvelle gamme Navman (<2000) ou les speedomètres Ben Toplog sont tellement mauvais qu'il ne faut même pas tenter de les réparer, il n'y a aucun espoir de les voir marcher un jour.

 

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Choix du matériel

Contrôleur analogique

Si vous n'avez encore pas de bon contrôleur universel, il faut penser à s'en équiper. Il se trouve maintenant des modèles médiocres très bas de gamme en supermarchés. Si vous pouvez, évitez ces jouets et investissez dans un bon modèle à aiguille. Le prix peut vous sembler élevé, mais si vous avez envie de bricoler sérieusement c'est un investissement rentable. Vous trouvez aussi des très bas de gamme à moins de 10 euros, c'est mieux que rien, le rapport qualité/prix est excellent. La fourchette de prix est grande suivant les modèles.

Il faut commencer avec un bon contrôleur universel analogique, à aiguille, cela permet des mesures très fines.

Il est inutile d'investir dans du matériel de laboratoire, la précision est inutile à bord, il vaut mieux privilégier le matériel chantier, cher mais robuste et sécurisé.

 Contrôleur analogique

 

Contrôleur numérique

Un modèle numérique, avec un afficheur à 5 digits, complètera ultérieurement la caisse à outils. Les numériques d'entrée de gamme se trouvent à prix très modestes, un quatre digits est à 6 € dans les magasins discount, c'est très suffisant à bord, il faut en avoir un dans la table à carte et un en réserve dans un coffre pour se dépanner quand la prise 9 V est usée.
Ces matériels très économiques ont un excellent rapport qualité/prix, il ne sont évidement identiques pas à des matériels professionnels cinquante fois plus chers mais sont parfaits pour le bricolage quotidien et vous évitent un infarctus si une manipulation maladroite les fait tomber à la mer en mesurant l’alimentation des feux de balcon (c’est du vécu…).

Dénominations commerciales :
Le digit de gauche n'est pas identique aux autres par économie, il n'affiche que 0 ou 1. Donc affichage maximum : 1999 = 2000 points correspond à 4 digits.
Des petits malins comptent le signe +/- qui dédouble l'affichage pour annoncer 4000 points.

 

Ces appareils permettent aussi de mesurer des courants. Les modèles économiques ont un calibre 5 A, continu et alternatif, les courants supérieurs se mesureront avec un shunt externe. Les courants très forts se mesurent à la pince ampèremétrique, mais cet équipement, avec son capteur à effet hall pour le continu, est onéreux.

Attention en mesure de courant, les fils et les prises de mesure ne supportent pas des ampères (même si le calibre figure sur la sérigraphie) et les petits matériels prennent feu facilement avec des courants forts. Au-delà d’un ampère, utilisez une pince de mesure (c’est plus cher).

 

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Prévention des pannes

Une cause stupide et fréquente de panne est de brancher l'alimentation à l'envers. Cela paraît impossible, mais pourtant en bricolant, personne n'est à l'abri. Il est donc impératif que tous les matériels du bord soient protégés.
Il y a deux possibilités élémentaires de protéger un matériel.

En série : Une diode de 1 A en série dans l'alimentation coûte moins de 1 centime d'Euro en production. La protection est parfaite, le seul petit inconvénient est de faire perdre la tension de chute, environ 0.6 V sur les 12 V de l'alimentation. Ce n'est pas gênant sur les petits matériels mais inacceptables avec de gros courants, la puissance perdue devenant trop importante. Il faut évidemment monter la diode à l'intérieur de l'appareil.

En parallèle : Une autre bonne solution est le montage parallèle, derrière le fusible. En cas d'inversion, il y aura court-circuit et claquage du fusible.
L'inconvénient est le prix de la diode qui doit être rapide et tenir au moins dix fois le courant du fusible, elle sera donc grosse et chère. L'avantage est qu'elle ne produit aucune perte.

Tous les matériels doivent être protégés et je vous conseille de faire un test qui risque de vous fâcher avec votre vendeur mais qui vous permet immédiatement de juger si un matériel est inacceptable.
Avant de payer, faites déballer l'appareil par le vendeur et demandez-lui de le brancher à l'envers sur une batterie. S'il ne s'allume pas ou que le fusible claque c'est bon. Changez si nécessaire le fusible, rebranchez à l'endroit puis vérifiez que tout fonctionne. En cas de problème n'achetez pas !
Si le vendeur vous colle son poing dans la figure, Voilelec décline toute responsabilité.

 

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Vous trouverez les réponses aux questions que vous vous posez sur l'évolution du projet et le moyen d'obtenir schémas, kits, produits finis, assistance, garde d'enfants à domicile, ratons laveurs, extrême-onction, contrat d'élimination d'ennemis, fourniture de call girls et plus ici :

Du schéma au produit fini ?



 

Conclusion

J'espère que ces quelques lignes vous inciteront à sortir le tournevis, vos commentaires sont les bienvenus.

Avec ces techniques simples, vous viendrez à bout de 80 % des pannes, le 20 % restant sera hors de votre porté. Il est évident que les cartes récentes comportant des circuits intégrés très complexes ne se réparent que rarement avec ces méthodes de sauvage, mais cela fonctionne d'autant mieux que le matériel est simple et rustique. Cela ne marchera pas du tout avec votre gsm ou avec votre montre GPS... Un simple contrôleur universel (et l'art de s'en bien servir) plus quelques ampoules viennent à bout de beaucoup d'ennuis.

Par pitié, ne me demandez pas des schémas, je n'ai pas la structure d'une bibliothèque de prêt.

 

 

Liens

Le contrôleur universel à aiguille : Liens morts
Utiliser un multimètre : Liens morts

Pas de liens à maintenir

© Christian Couderc 1999-2014     Toute reproduction interdite sans mon autorisation

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